GUARBECQUE et son PATRIMOINE

L'ensemble du Patrimoine Guarbecquois

LA guerre 1939-1945 "la drôle de guerre"

Le bombardement du 20 juin 1944

Petite anecdote

  Dans les années 1940 où1941, de bon matin des enfants découvrent un parachute. Dans un pature derrière la boulangerie TANT (rue du vieux pont), ils préviennent leurs parents qui récupérèrent le parachute avant que les allemands ne l'aperçoivent, on apprit par la suite que deux  parachutistes avaient trouvé refuge chez une dame Zelma HUYGHE qui tenait "le café des sports" rue du vieux pont, et les avaient hébergés pendant pas mal de temps dans un  grenier. Pour ce qui est du parachute il termina sa vie chez Mme DELVILLE Elyse épouse Vincent HUYGHE qui tenait une petite école de couture, en sous-vétements (slip et maillot) pour les enfants et on put dire par la suite qu'ils étaient habillés en sous-vétements de soie.

Qui était ces parachutistes, et l'année??

faisaient ils partie du quadrimoteur abattu en 1941

Souvenir du bombardement du 20 juin 1944, raconté par un jeune garçon de 9 ans,

à Mme DELGERIE Danièle

  J’étais venu rendre visite à ma tante qui habitait rue de l’église. Une journée ensoleillée se terminait, c’était le retour des champs pour certains.

  Il devait être aux alentours de 19 ou 20 heures, lorsque qu’apparût dans le ciel un groupe d’avions. Tout le coin était rassemblé sur la route en face de l’habitation de Mr GALLOIS en scrutant le ciel. Soudain une boule rouge sortit d’un avion, c’était un signal. Quelques instants plus tard de gros engins nous descendaient du ciel. La réaction de Mr GALLOIS a été de nous faire mettre à l’abri et de laisser les portes ouvertes. Il prit les enfants et nous mit sous la table de sa cuisine.

  La descente de ces bombes se fit à une vitesse vertigineuse, quelques minutes suffirent, ce fut un vacarme épouvantable, les murs, les vitres, les toitures volèrent en éclat dans une poussière inimaginable.

  Lorsque le bruit cessa, je m’enfuis pour aller rejoindre ma mère, à ce moment, je ne savais pas s’il y avait des survivants parmi les adultes. Quel spectacle, plus une maison n’était indemne, plusieurs détruites complètement, j’avais à peine parcouru 50 m que je vis des personnes allongées au sol, le transformateur du pylône du cimetière ruisselait de tous les côtés, plus de vitraux à l’église, la toiture complètement détériorée. Le café Flan-Marien, ainsi que la maison de Berthe-Dannel étaient complètement détruit.

  J’ai rejoins ma mère qui était dans une angoisse indescriptible, nous sommes revenus sur place avec bien des difficultés. Les secours de la défense étaient déjà sur place pour retrouver les survivants ou les victimes. Les blessés attendaient pour être soignés. J’appris le lendemain que Clara CAMPAGNE et Auguste LAVERSIN étaient été tués. Leurs corps ont été retrouvés près de la Fontaine.

  Ce récit concerne l’histoire que j’ai vécue, car malheureusement la place, la rue principale de l’époque (rue du maréchal Leclerc) la rue de l’église et tous les environs avaient subi le même cataclysme. Au total 21 victimes seront à déplorer dont une ne fut jamais retrouvée. Une bombe n’ayant pas explosé est restée longtemps sur le bas côté de la route (face à chez A. RATEL). 

  Inutile de dire que mes camarades et moi furent traumatisés pendant le reste de la guerre. A chaque fois que j’entendais des avions je me réfugiais n’importe où. Voilà le récit de cette soirée dramatique du 20 juin 1944. Je voulais me souvenir de tous ceux pour ont vécu ces moments douloureux et qui y ont laissé la vie.

Raid aérien qui a mal tourné

Archives de QUESTE Oscar 

    Il est 20 h 35. C'est le retour des champs, du jardin. C'est l'heure du souper, et, dans un quart d'heure, le Salut à l'église.

    Soudain, des avions, 16 ou 18 ?? "Voila encore ces cochons d'Allemands" dit un enfant, qui va en être une des victimes. Une fusée!! Quelques secondes.... C'est jeté. Hélas!! Quel désastre! 21 morts et des bléssés. La dévastation s'étend de la chapelle St Milfort- un mort chez Lécluse, tué dans la maison par un éclat de bombe-jusqu'au calvaire Ratel- un mort étouffé dans un fossé. L'église, la mairie, les trois écoles, le presbytère, sont sévèrement touchées; toitures, fenètres, plafonds, portes presentent un aspect lamentable: résultat de ces bombes de 1500 à 2000 Kgs. qui ont creusée des entonnoirs de 20 mètres de diamètre sur 10 de profondeur, mesurés officiellement par le service des ponts et chaussées. Anéanties, la maison et forge Carbonnel, ainsi que la petite rue derrière l'église!

   Mais, où placer tous ces morts? Après inspection des écoles, à l'église, dont le haut de la nef fût aussitôt déblayé, l'avant choeur étant réservé pour les dépouilles des enfants. la mise en bière fût faite le jeudi soir, les cercueils fournis par les Acieries d'Isbergues.

   La cérémonie funèbre fût célébrée le samedi 24 juin, à 8 heures, sans apparât, par crainte des bombardements qui auraient pu se produire à l'occasion de ce rassemblement, en présence de M. le Préfet du Pas de Calais, d'une tenue digne et religieusement respectueuse, de M. le Sous-Prefet de Béthune, d'attitude officielle, de M. le directeur de l'Usine d'Isbergues. De M. le Maire de Guarbecque. Des familles des victimes, et de quelques paroissiens qui passèrent outre aux consignes.

   Au cours de la cérémonie, M. le curé a prononcé l'allocution suivante.

 

Monsieur le Préfet.

Mes Frères

    "Parmi toutes les épreuves de la guerre, celle qui nous réunit aujourd'hui dans notre église, affligée elle aussi, est la plus crucifiante. Quoi de plus pénible, en effet, que tous ces cercueils? Innnocentes victimes du progrès matérialiste, six de nos chers petits enfants, dont la dernière baptisée de la paroisse, nous ont quittés pour l'éternelle Patrie. Qui ne se souviendra de l'entrain et de la gaité d'une Christiane; du sourire d'un Gérard, accompagnant à la messe son oncle, victime, lui aussi; de la gravité d'un Jean-Louis, comme son petit camarade, à peine connu de son père, prisonnier, et de l'amabilité du petit Bernard, frère de la toute gracieuse Bernadette, qui venait de faire, à l'Ascension, sa première communion.

   A ces petits enfants, comment ne pas joindre un Jean Viart, resté enfant comme eux, et, naguère encore enfant de choeur! Et c'est un de nos bons jeunes gens, Oscar Hermant, fidèle de la communio fréquente qui continue le cortège, avec Arthur Flan, ouvrier consciencieux et apprécié, assidu à l'heure Sainte et à la communion mensuelle: Siméon Martel, ancien combattant et prisonnier de la Grande Guerre, qui à la Fête du Sacré Coeur du vendredi 16, portait un flambeau à la procession du St Sacrement: des deux mères de famille, Marie et Paule Carbonnel, pour qui la foi et la piété n'étaient pas un mystère, et qui suivent, là haut, l'une et l'autre, un de leurs enfants: le bon vieux ménage, Auguste et Clara, à la conscience si droite, craignant Dieu, redoutant de faire le moindre tort au prochain, recevant leur pasteur avec une cordialité inoubliable.

   A ces trop nombreuses victimes de Guarbecque , se sont joints Léon Ringard, de Berguette, ainsi que le jeune Dumur , d'Isbergues.

   Pourquoi, Seigneur, tant de victimes?; prises surtout parmi les fidèles, ceux qui vous aimaient et vous servaient en véritables enfants. Ah, je le sais, vos desseins sont impénétrables, et nous n'avons qu'à les adorer en silence, sans gémir, sans nous plaindre. Votre Divin Fils, Jésus, notre Rédempteur, lui, l'innocence même, le Saint des Saints, n'a-t'il pas dû donner jusqu'à la dernière goutte de son sang pour notre salut, pour le salut du monde. Et, s'il faut aujourd'hui à notre Patrie bien-aimée des Rédempteurs, ne sont pas ceux là qui ressemblent davantage au Christ, qui sont marqués par le Sacrifice.

   Aussi, mes frères, gardons cette pensée avec leur souvenir. Elle nous consolera, elle nous soutiendra dans l'épreuve, elle nous aidera pour les imiter, pour remplir toujours consciemment tous nos devoirs, Servir Dieu et notre Patrie. Elle fera aussi de nous des Rédempteurs, dans une France unie, laborieuse et prospère.

 

   Les derniers devoirs rendus aux victimes du bombardement, il fallait songer à réparer les dommages. Sans délai, l'entrepreneur Labitte et M. Degez, architecte, étaient alertés. La réparation provisoire de la toiture et celle des fenêtres de l'église commençaient aussitôt, en même temps que l'école libre.

 

BOMBARDEMENT DU 3 Août 1944

L'église était recouverte et close en verre "cathédrale" quand survint le bombardement de 3 août. commencé dans l'après-midi autour de 15 heures, il devait s'étendre jusque sur Guarbecque, de 19 H à 19 H 30. Les aviateurs, se référant à la fumée des bombes poussée par le vent du Nord-Ouest, finirent par s'éloigner de leur objectif, le bois de Thiennes, pour jeter, à travers la fumée, leurs bombes sur le côté du village qui avait été épargné le 20 juin, sur la ligne de la chapelle St Milfort jusqu'au canal. Il n'y eut pas de victime, grâce à Dieu, mais quelques maisons détruites, au Pont-Roy et Rue de la Lampe. Un éclat de bombe vint se perdre au dessus de la porte latérale Nord de l'église, et briser un panneau de verre cathédrale. L'affolement des paroissiens fût considérable, et le lendemain, vendredi après-midi, toute la rue de St Venant et la Cornet Malo étaient déserts, abandonnés par crainte d'un nouveau bombardement, annoncé et entretenu par l'imagination et la rumeur publiques.

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