GUARBECQUE et son PATRIMOINE

L'ensemble du Patrimoine Guarbecquois

LA guerre 1914-1918 "la grande guerre"

Le début de "la grande guerre" 

Par QUESTE Oscar

    La mobilisation Générale appela sous les drapeaux de la france 205 hommes et jeunes gens de la paroisse. Dès le premier jour, un salut le soir à l'église,  (salut qui sera continu chaque soir jusqu'a la fin de la guerre).

   Après la bataille de Charleroi, CAD à l'invasion de de la France, pendant un mois durant, nous sommes sans communication de poste, de chemin de fer. Les gares de Berguette sont fermées et abandonnées. l'Usine est fermée. Nous sommes comme isolés du monde entier.

    La nuit du 8 au 9 octobre, des dragons français, qui se sont rencontrés avec les Allemands aux abords de la forêt de Nieppe, après une lutte de quelques heures se rabattant en défense derrière la Lys à Saint Venant et derrière le canal à Guarbecque. ils arrivent à minuit, fatigués, et si les Allemands ne sont pas arrivés ici. le 9 et le 10, ils font des tranchées à la rives Sud du canal. Ce sont des jours d'angoisse. Les Allemands sont attendus et peuvent arriver en nombre à tout instant. A Ste Isbergues, un capitaine passe sa journée dans la tour de l'église pour découvrir les Allemands, qui doivent arriver par la rue d'Haverskerque à Thiennes.

     Nos braves dragons sont trop peu nombreux et n'ont pas d'artillerie. Enfin, le samedi soir 10 octobre, le colonel de Dragons, logé au presbitère, reçoit une nouvelle rassurante, les renforts demandés et attendus depuis hier vont arriver, et les Allemands ne sont toujours pas venus.

    En effet, le dimanche matin, vers 7 heures, des cuirassiers, des dragons, des chasseurs à cheval arrivent au grang galop et passent nombreux au pied de notre vieille église, et l'après midi, tout une armée d'anglais, bien équipée et bien munie d'artillerie, arrive et défile par la rue qui vient de Berguette: ils s'en vont par St Venant, chasser, disent-ils, les Allemands de la forêt de Nieppe.

    Cette fois, nous sommes sauvés: la ligne de feu, au lieu de s'établir le long du canal d'Aire à la Bassée, va se fixer d'Armentière à Laventie et à la bassée, par Neuve Chapelle.

     Toute la paroisse chante sa reconnaissance à ND du Mont Carmel, à St Venant et à Ste Isbergue.

 

        Avril 1916 - Gare aux taubes!. Un taube sur Guarbecque (Taube = avion Allemand)

    Le voisinage du front nous vaut d'être journellement survolés par les avions alliés, dont trois, en peu de temps, se sont reposés sur le territoire de notre commune. Maintenant, voici que les aéroplanes "boches" franchissent nos lignes, à grande hauteur, il est vrai, et le jeudi 9 mars, 6 Taubes sont venus au dessus de l'Usine. Aussitôt pourchassés par 4 avions anglais, ils s'enfuirent, mais non sans laisser tomber des bombes qui heureusement, n'occasionnèrent aucun accident de personne. Une d'entr'elles, à 500 mêtres de notre vieille église, éclata en plein champs où, fort heureusement, sans nuire à qui que ce soit, elle ne fit que creuser un entonnoir de 4 mêtres de diamètre sur 1.50 m de profondeur.

 

           Le 2 août 1916. - Sous les obus Allemands

    Le 2 août 1916 marquera dans les annales de notre paisible région.

  Nous étions loin de penser que les "boches" nous auraient gratifiés d'un bombardement en régle avec leurs plus gros obus, et tout ce qu'on avait vu et entendu dans nos régions n'approchait pas ce que nous avons vu et entendu à 10 lieues à la ronde.

     Un premier obus, le 30 juillet, est venu mourir au pied de la chapelle de Sainte Isbergue. C'était sans doute un coup d'essai. Une première rectification en amena deux autres moins loin. 

     Enfin, une dernière rectification du tir ennemi devait, sans doute, le 2 août, avec leurs 27 gros obus, leur donner le résultat de destruction qu'ils désireraient. mais le bombardement qui devait semer la mort et la ruine ne sema que la peur, et fût complétement raté par les Allemands.

     Ces obus de 380 étaient lancés des environs de la Bassée, éxactement de Santes (Nord), et au lieu de détruire les Acieries d'Isbergues, ils sont tombés dans la plaine, et dans notre village, entre le "pont-Roy" et la rue de St Venant. Cela s'est passé entre 10 heures du matin et 2 heures de l'après midi.

 

       Novembre 1917 - Les indésirables

    Pas une semaine ne se passe sans alertes qui signalent des incursions possibles dans la région par des avions "boches" qui franchissent instamment nos lignes. Fort heureusement, dans la paroisse, nous avons été assez tranquilles, à part quelques nuits, souvent celles du dimanche au lundi, pendant lesquelles nos canons et mitailleuses ont dû fonctionner plusieurs fois pour mettre enfuite ces indésirables visiteurs de malheur.

   En somme, peu ou point de dégâts depuis deux mois, mais malheureusement, dans la soirée du 21 octobre, un soldat a été tué à Pont-à-Balques.

 

          Le 11 octobre 1917, M. MACHADO, Président du Portugal et M. POINCARE,Président de la République Française, au retour d'une visite aux troupes du front auxquelles ils avaient apporté leurs encouragements, ont traversé notre village, entre 5 et 6 heures du soir, juste au moment où la fanfare des canadiens, campés ici, exécutait ses plus beaux morceaux.

     Leur rapide passage en automobile n'avait pas été annoncé, et il ne pouvait se deviner que par les sentinelles postées à chaque coin de rue et à chaque carrefour. Ainsi il fût inaperçu et inconnu de la plupart des habitants. Ainsi l'exigeait la prudence. N'oublions pas que nous sommes en guerre.

L'USINE, LA GUERRE ET LES APPRENTIS

   Avec l'arrivée des Allemands l'usine la poste les trains tout est à l'arrêt.

les apprentis ne sont pas gardés, mais n'ont pas été licenciés, du 3 aout 1914 au 23 mai 1916, ils ont été employés par les services des ponts et chaussées pour la restauration des routes et le creusement des tranchées, ils ont été réembauchés vers le 24 mai 1916. Les apprentis allaient en mairie chercher un livret de travail des enfants dans l'industrie, délivré aux enfants de moins de 18 ans. l'apprenti devait avoir au minimim 12 ans et avoir son certificat d'étude.

   Lors du calcul de la retraite un certificat a été délivré par le mairie pour le calcul de cette retraite.

 

Anecdote                                 Sauvetage des objets du culte de l'èglise de St Venant

   (au cours de l'offensive des Allemands sur la Lys en Avril 1918)

     le 23 juin 1918

     Monsieur le Curé

 La lettre que vous avez bien voulu m'écrire m'a fait un très grand plaisir. Comment ne pas me réjouir en apprenant qu'un de mes aumôniers, le père NICHOLSON, s'était dévoué pour sauver des objets du culte catholique.

   Vous avez vous même aplaudi à son grand courage, et je vous en remercie. Mieux que personne, vous pouvez en apprécier le mérite, et votre témoignage a une valeur de tout premier ordre.

   J'ai fait part à Monseigneur l'évêque d'Arras, en tournée pastorale à Pernes en Artois, et de votre lettre et de l'acte si méritoire du père NICHOLSON. Sa grandeur en a été vivement touchée.

       Veuillez recevoir, Monsieur le Curé, l'assurance de ma considération distinguée.

                                    F. FRENCH.

                                     Prêtre.

 

NOTE : C'est le Père NICHOLSON, prêtre aumonier Irlandais logé chez M. TOURSEL, Maire de Guarbecque, qui, à cheval et au galop, au milieu des obus tombant sur St Venant, est allé rechercher dans le tabernacle de l'église de St Venant, le Saint Ciboire avec ses hosties consacrées  (vers le 22 avril 1918 - Pâques était le 31 mars)

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