GUARBECQUE et son PATRIMOINE

L'ensemble du Patrimoine Guarbecquois

les peintures murales

Jugement dernier et enfer

«on utilisera de préférence le terme de peinture murale, car la fresque (peinture exécutée sur enduit frais) est un procédé rarement employé en France». Il s’agit à Guarbecque de peintures mates à fond clair, qui sont connues dans « les provinces de l’ouest, de la Loire, de la Touraine, du Poitou et du Languedoc»

Ces peintures murales exécutées à Guarbecque se trouve de part et d’autre du grand arc en tiers-point (ou arc triomphal), immédiatement sous le plancher restauré en 1961 et 1962. Elles furent découvertes à cette même époque, cachées sous un enduit protecteur et par les fausses voutes en plâtre que l’on fit disparaître en même temps. N’étant pas signées, leur datation est quasiment impossible. Madame Barrat, spécialiste de l’art, agréée par le ministère de la culture n’a pas été consultée.

Néanmoins, ce type de peinture ou les couleurs sont posées en aplats pourrait dater des environs du XVème siècle et serait vraisemblablement du XIIIème selon l’avis de M. Poncelet, l’architecte en chef des monuments historiques qui supervisa les derniers travaux de restauration de l’église.

 

JUGEMENT DERNIER :

Un christ en Majesté assis sur la courbure d’un globe (l’univers). Les bras largement ouverts qui en font l’image même de la miséricorde. Cette courbure semble être celle de l’arc en ciel. A ses côtés, deux anges sonnant de la trompette et au-dessus d’eux à gauche, vêtu de bleu, probablement la Vierge, et à gauche saint Jean (l’évangéliste)1, agenouillés et priant ou intercédant pour les pécheurs.

De chaque côté de la tête du Christ, on distingue le glaive de la vengeance (a droite) et de l’autre côté probablement la palme des triomphateurs (qui sont en principe remis au Christ par les anges)2. En bas de la photographie, les morts ressuscitent et vont vers l’ange, au centre (l’archange saint Michel ?) qui procède à la pesée des âmes.

Immédiatement au-dessus, le personnage en robe blanche (un ange) semble accueillir les élus et les dirige vers les portes du Paradis (en haut à gauche de la photographie).

A l’extrême droite, un démon vient chercher les damnés qu’un personnage en cape rouge, ayant des ailes et portant une épée semble vouloir récupérer. Ce personnage en habit de chevalier semble bien être saint Michel.

 

ENFER :

A gauche sur la photographie, le personnage portant des cornes et aux oreilles d’âne, tenant à la main une massue (Minos ? l’un des trois juges, le prince des Enfers) semble chasser les réprouvés vers la rivière (l’Achéron) où le cocher des enfers (Charon), personnage courbé les emporte sur sa barque.

En haut, le chaudron brûle les corps des damnés.

Parmi tous les personnages en bas de la photographie, cinq réprouvés debout sont enchainés et emmenés vers la barque par un personnage à la face de cochon, tandis que le cocher (ou l’un des trois juges des Enfers), en bas, traine un corps inerte sur le dos, à l’aide d’une sangle qu’il lui a nouée aux chevilles.

Dans la barque, un damné se tient debout sur des espèces de cornes ou langues de feu (les âmes ?..).

A l’extrême gauche, un couple est transporté sur une espèce de linceul ou brancard, vers la barque, et devant eux se trouve un animal qui semble être un lémurien (du latin lemures, âmes des morts) ou encore lemures, lémures, ombres des morts, spectres, revenants, fantômes, démons (dict. Latin-Français Ch. Lebaigne)3.

L’enfer est la demeure des démons. Ce mot (démon) signifiait chez les anciens, génie, être invisible qui présidait aux actes des hommes, les conseillait et veillait sur eux. Les démons étaient supérieurs à l’homme, et participaient de la nature divine.

Les Juifs et les Chrétiens appelle démons, des anges qui désobéirent à Dieu et se perdirent par leur orgueil et leur ambition : Satan est leur chef (Dict. Univers. des Lettres, des Sciences et des Arts -1864-)

 

           1)  Saint Jean l’évangéliste ou le St Précurseur qui avec la Vierge prie pour le genre humain.

« dans notre contrée c’est le saint Précurseur (saint Jean-Baptiste) qu’on semble avoir préféré. C’est lui dans le vitrail de Locon, c’est lui sculpté à N.D. d’Amiens ainsi qu’au portail méridional de St Omer. Les cheveux incultes et hérissés, la barbe qu’il porte et que n’a pas Jean l’évangéliste, son vêtement raide peut bien être de pili camelorum, et en le comparant à celui qui accompagne le grand Dieu de Thérouanne, il ne doit plus rester de doute sur le sujet. ». (Notice sur les vitraux peints de l’église de Locon, lue en séance publique le 22 janvier 1846 par M. l’abbé Lamort, chanoine honoraire d’Arras, curé-doyen d’Oisy, à propos du « Jugement dernier » en vitrail qui figure à la sixième fenêtre de l’église.) Bibliothèque d’Aire

 

            2) Le Jugement est symbolisé par un lys et une épée, de part et d’autre du Christ, qui désignent

respectivement les élus et les damnés. C’est le cas au Jugement dernier peint par Rogier Van Der Weyden (1445-1448) au musée de l’Hôtel-Dieu (ou hospices) de Beaune.

 

            3) Les Makis ont surtout frappé l’esprit populaire. Des légendes betsiléo, du pays central exposé au sud-ouest de Madagascar, parlent « du génie à lunettes qui bondit et vole dans la forêt comme l’âme du feu au-dessus des flammes ». c’est l’espèce Lémur Catta ou Maki Mococo qui aurait inspiré ces définitions (Les animaux des forêts – Od. Pr. Hachette).

 

                          Le jugement dernier                                                                                                         L'enfer

Peinture ou plutôt fresque de la chapelle seignieuriale

Cette fresque et non peinture car elle est réalisée sur un support semble être la représentation du Christ guérissant le paralytique.

C’était en l’an 1208; le clocher était alors dans tout l’éclat de sa splendeur. Messire Hadewide de GARBEKA était lui, seigneur du village. Son fils, Warin étant atteint d’une mortelle maladie fut guéri miraculeusement grâce à l’intercession de la Vierge Marie et de saint Bernard (le grand saint du XIIème siècle).
Ce fait est rapporté par MALBRANCQ, père jésuite, historien du XVIIème, dans son livre (De Morinis) - Histoire des Morins et de la Morinie.
On sait aussi que la chapelle du croisillon sud (à présent de la Vierge du Mont Carmel) était la propriété du seigneur (On peut encore y voir les restes des voussures de son portail).
On peut imaginer, qu’en remerciement pour cette faveur du ciel il voulut contribuer largement à l’embellissement de sa chapelle jugée trop modeste, et l’aurait remplacée par une autre, plus grande, plus haute et plus belle.

Peinture située au dessus de la grande porte d'entrée.

   D'autre part, je vous transmets (à Mme Danièle DELGERIE) l'interprétation que Mme Delphine HANQUIEZ, docteur en histoire de l'architecture médiévale a pu me transmettre quant aux peintures murales, même si celles-ci mériteraient une étude précise.

"Les peintures sur le revers de façade sont liées au Nouveau Testament. A gauche : le Christ (il porte une auréole), entouré de soldats, devant Pilate puis la flagellation, le Christ nu au centre est en train d'être battu par un des bourreaux, à gauche, avec son collant strié en plus présence de fléaux au premier plan. A droite de l'oculus, c'est un peu plus complexe. On pourrait penser à un Ecce Homo (Christ habillé du manteau pourpre et portant le roseau) mais, il ne paraît pas porter pas la couronne d'épines. En plus, souvent il est représenté torse nu ce qui n'est pas le cas ici. On pense plutôt à un Christ aux outrages, car il se fait railler par les soldats. La scène suivante également difficile à déterminer".

 

Fin de page.