GUARBECQUE et son PATRIMOINE

L'ensemble du Patrimoine Guarbecquois

invasion allemande

INVASION DES ALLEMANDS

Les hommes sont mobilisés depuis septembre 1939. Ils vont et viennent en permission. Les autobus parisiens cantonnent tout l’hiver 1939-1940 dans Guarbecque et dans les environs. Ils obéissent ou non à leurs chefs : et en prennent à leur aise et se soucient peu de la discipline. Vers Pâques, ils s’en vont cantonner autour de Boulogne-sur-Mer

Au-delà de la ligne Magino, les français sont rentrés dans la Sarre. Là, il y a des accrochages entre français et allemands. On signale de-ci de-là quelques tués. Le régiment d’artillerie de la garnison d’Orléans, qui s’est battu dans la Voëvre, bien que victorieux a reçu l’ordre de reculer, et vient ici en repos.

Le 12 mai, c’est la fête de la Pentecôte et la solennité des communions à Guarbecque. Une assistance nombreuse et recueillie assiste aux diverses cérémonies de ce grand jour. Mais les permissionnaires sont rappelés.

La semaine se passe en diverses alternatives de crainte et espoir, selon les informations de la presse ou de la radio.

Le dimanche 19, fête de la Sainte Trinité, est une journée extrêmement calme dans la paroisse. Les offices sont bien suivis. Beaucoup de monde aux vêpres, où Monsieur le Curé a prononcé devant son autel, la consécration suivante à la Sainte Vierge : « O Notre Dame du Mont Carmel, qui tant de fois, au cours des siècles, avait protégé nos pères une fois de plus nous nous consacrons à vous : nos personnes, nos familles, nos biens, notre paroisse. Gardez nous de l’invasion, des bombardements. Gardez-nous, nous vous en prions, comme votre bien et votre propriété. Nous mettons en vous toute notre confiance. Nous vous promettons, en reconnaissance de votre maternelle protection, de restaures votre autel et votre chapelle et de nous montrer vos enfants par notre vie chrétienne ».

La pause du maitre-autel, commencée le 18 mai, est forcément suspendue par suite des évènements.

Le lundi 20 mai 1940 à 10 heures, les ouvriers reviennent de l’usine d’Isbergues. Tous les mobilisables doivent se rendre en Eure-et-Loir par leurs propres moyens. Des émigrés et réfugiés de Belgique et du Nord commencent à déferler. C’est la panique. Que faut-il faire ? Rester ou partir. L’abbé Desquesnes rentre de Béthune vers 13 heures, annonce que les Allemands sont à Landrecies et il propose de partir en auto pour le midi de la France. Pour ne plus rester, comme en 1914-1918, sous la botte allemande. La proposition est acceptée et le départ a lieu à 8 heures du soir, pour arriver le lendemain mardi.

A 3 heures du matin, à Berk, où les ponts sur la Somme étant coupés, il fallut rester jusqu’au 14 juin. Pendant ce temps, la paroisse fut administrée par deux prêtres du Nord, dont l’un de Bailleul, dès le mardi 21 mai.

Les allemands arrivaient le 23 par Berguette. Arrêtés au canal d’Aire à la Bassée, par une poignée d’Anglais (2) qui étaient au pied du pont de fer côté St venant et bien protégés empéchaient la traversé du canal. Le pont levis et tous les bâteaux avaient sautés, un capitaine SS avait été tué en tentant une traversée. Lorsque les soldats anglais eurent tirés toutes leurs cartouches, la traversée se fît. Le lendemain des villageois trouvèrent 2 cadavres anglais. Côté cornet Malot on retrouva 3 corps de soldats français dans les fossés. Il en fût de même à Saint- Venant par la Lys. Pendant le combat  à Guarbecque ils  perdirent une quarantaine d’hommes. Un camion allemand avec ses occupants fût brûlé près de la chapelle de Notre-Dame des Affligés (aucun rescapé, un obus lui est tombé dessus).

Le centre du village avait été évacué par les Allemands qui en arrivant avaient ramassé une vingtaine d’otages enfermés au Café May Marien. Au canal et au-dessus, plusieurs fermes et maisons furent brûlées.

Le 27 mai, les Anglais envoyèrent encore quelques obus dont furent victimes Augustine Massart et Judith Pruvost, rentrant chez elles qui ravitailler, chèvres et basse-cour. Vers 11 heures, le canon cessa. Guarbecque était définitivement occupé.

Les réfugiés furent priés de retourner chez eux : les prêtres du Nord regagnèrent Bailleul et Deleumont : le Père Leroy vint les remplacer, mais aussitôt, heureux de retrouver église et presbytère intacts, le pasteur reprenait sa houlette le 14 juin.

Durant cette période, différentes troupes ont cantonné dans la commune, environ trois mois. Le presbytère était l’hôtel préféré des divers commandants de place. Un soldat montait la garde, et quelquefois empêchait l’entrée des paroissiens. Parmi les commandants l’un était fervent du nudisme, et descendait de sa chambre en costume d’Adam, pour aller s’allonger sur l’herbe au fond du jardin. Le dernier « Oberlieutnant » catholique, instituteur, frère d’un prêtre et deux religieuses, de la Rhénanie, aimait à voir les enfants de l’école, libre aux heures de récréation, à causer volontiers avec Mr le Curé, quand il se trouvait, seul à seul. Mais l’ombre d’un uniforme allemand, se profilait-elle et c’était fini : il se raidissait par crainte de la Gestapo.

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